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L'Inflation du Foot - Úpisode 1

Inauguration d'une série en 3 épisodes sur les débuts du foot business à l'orée des années 2000...

Depuis quelques années, le marché des transferts s'est engagé dans une spirale inflationniste vertigineuse. Les managers sont les éternels accusés et les joueurs sont traités de mercenaires, mais c'est bien les dirigeants des clubs qui sont à la base du système. Point de vue sur les raisons d'une inflation... 

 

1- Du foot-corpo au foot-business

 

Longtemps, le football fut considéré comme une activité sociale générant sa propre passion certes et politiquement récupéré plus souvent qu'à son tour, mais ne pouvant développer une activité économique réelle, puissante et indépendante. 

 Au début des années 90 et à la lumière des grands sports américains, apparaissent de nouveaux investisseurs (de puissants groupes industriels) qui, outre de soigner leur image, veulent un retour financier sur investissement. Le développement d'un merchandising forcené est la première réponse apportée, notamment en Angleterre. Parallèlement devant un succès audimat toujours grandissant, les droits de retransmission à la télévision explosent et les clubs réclament et obtiennent des reversements de plus en plus avantageux. Bien plus que les recettes au guichet (en hausse elles aussi comme le nombre d'abonnés et de spectateurs) , le merchandising et les droits tv sont aujourd'hui les mamelles financières des clubs...en attendant l'actionnariat (pour l'instant, seuls quelques clubs anglais et la Lazio de Rome ont franchi le pas). 

 " Pour 100 briques, Maradona c’est cadeau" clamait Tapie en 90 à la télé française. Combien vaudrait un Maradona aujourd'hui en imaginant le nombre de maillots siglés à son nom, d'objets à son effigie, d'opérations spéciales ? Un joueur qui électrise les foules est devenu un potentiel commercial hallucinant (le fameux contrat de Nike est autant centré sur Ronaldo que sur la grande équipe du Brésil): non seulement il remplit les stades mais il attire les sponsors et provoque des retombées commerciales et médiatiques. 

 Le football devenu une industrie développant son propre star-system nécessaire à son expansion médiatique, l'arrêt Bosman amplifie le phénomène en Europe. La libre circulation des footballeurs européens déclenche une surenchère effrénée, non seulement sur les meilleurs joueurs mais aussi sur les joueurs plus moyens et surtout les espoirs, objets de toutes les convoitises. Afin de défendre leurs intérêts, les joueurs font appel à des managers, profession mal définie et sujette à tous les abus. 

 En effet, transformé en bonne affaire, le foot a vu décupler l'appétit de dirigeants confondant souvent passion et folie des grandeurs. C'est ainsi qu'aujourd'hui cohabitent à la présidence des clubs fortunés, d'une part des groupes financiers ou industriels soucieux de rentabiliser au mieux leurs investissements (groupements d'actionnaires en Angleterre, Parmalat à Parme ou Addidas à Marseille par exemple) par le merchandising et la revente des joueurs et d'autre part des présidents milliardaires et mégalos prêts à toutes les folies pour s'offrir de ces joueurs (ceux-ci sont traditionnels dans le foot mais les moyens dont ils disposent sont encore de plus en plus colossaux: Moratti à l'Inter ou Gil y Gil à l'Athletico Madrid par exemple). Les clubs dont la principale richesse est la formation mais dont l'impact commercial est limité, se retrouvent sans moyen pour se protéger face à ces prédateurs et l'on voit s'installer au niveau national comme au niveau européen un football à plusieurs vitesses. 



28/09/2014
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